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Par : CDI
Publié : 13 mai 2016
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Résultats du concours Galilécriture 2016

3 votes

Pour cette 13ème édition du concours Galilécriture, vous avez été 8 participants dont 2 ont concouru pour la nouvelle et la poésie.
Le jury composé de 9 membres s’est réuni jeudi 28 avril à 17h00 et a sélectionné les 3 meilleures productions pour chaque catégorie.

Poèmes

1er prix « Apatride » de S.N.S TL1
2ème prix « Le navire de mes rêves » de E. T. TS4
3ème prix « Détresse » de H. S. TES3

Nouvelles

1er prix : « L’autoportrait » de J.A. H. 1S2
2ème prix : « Edward K. » de S. L. 2de8
3ème prix : « Une nouvelle vie » de E. T. TS4

CATEGORIE POESIE

 

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APATRIDE

 
Je sais d’où je viens, mon sang est un joyeux mélange. Je suis né là-bas, je vis ici et déjà une autre terre m’appelle à elle. Je ne sais me donner tout entier à une seule et je n’appartiens alors à aucune. J’ai quitté le sol natal sans un regard en arrière, poussé par une envie d’ailleurs, comme un marin accueillant avec plaisir le vent pour gonfler les voiles de son navire. Maintenant, je ne reconnais plus l’endroit que j’appelais « chez moi ». Il est resté figé dans le passé, éternellement mort, lisse et froid, un souvenir qui s’effrite sur du papier glacé. Ce passé me semble pourtant avoir été heureux, les toits qui ont veillé sur mes nuits égalaient en splendeur les plus beaux palais orientaux. Mais aujourd’hui, je suis incapable de profiter de l’instant présent, je trouve toujours une amertume au plus doux des nectars.

Les murs de marbres sont brisés,
Les coupoles d’or, effondrées.
Que reste-t-il de mon enfance ?
Un rêve enfui dans l’innocence.

 
Je sais d’où je viens, et toi, l’ami, toi aussi tu viens de quelque part, toi aussi tu as une histoire à raconter. Je suis de ceux qui savent écouter. Si un jour tu trouves le courage de parler de toi, je serai là. Je t’offrirai mon silence et j’essaierai de te comprendre. Mais nous savons tous deux que cette tentative restera vaine, je ne pourrai qu’imaginer tes joies et tes peines sans jamais en extraire la quintessence. Nos bonheurs ne naissent pas de la même source et nous garderons toujours l’un pour l’autre des mystères qui se transformeront peu à peu en obstacles infranchissables. J’attends des confidences un partage absolu, une communion des âmes, une compréhension qui se passe de paroles. Pour cela, il faudrait que nous ayons emprunté les mêmes voies et ressenti les mêmes émerveillements indicibles. Or les compagnons de route n’ont fait qu’une partie du chemin avec moi, puis ont disparu, remplacés par d’autres qui, à leur tour, disparaîtront bientôt.

Je ne suis pas né sur ta terre,
Je ne comprends pas ton langage :
C’est une musique étrangère,
Une promesse de voyage.
En toi, je ne cherche qu’un frère,
Un guide contre les naufrages,
Une main douce et conseillère
Pour m’éloigner de mes mirages.

 
Je ne sais plus d’où je viens, mes pas se sont effacés derrière moi. Je porte au fond de moi des énigmes dont je crois effleurer les solutions mais dont les réponses s’enfuient toujours. Je revois des visages qui ne sont plus que des ombres, j’entends l’écho de noms et de voix, à peine des murmures... Je crois me rappeler, mais est-ce vraiment moi qui ai vécu cela ? Les images s’imposent nettement à mes yeux et pourtant je ne les reconnais pas. Elles s’effacent lentement, glissent dans ma mémoire avec la grâce de la chute des feuilles mortes, deviennent insaisissables, comme une langue apprise hier que je ne comprendrais plus mais dont je saurais encore discerner le charme. Quand j’essaie de me détourner de ce passé qui disparaît trop vite, la pensée du gouffre sombre du futur se rappelle à moi, mais je ne peux l’éloigner, je ne suis rien face à la marche obstinée du temps. Je me persuade que rester n’est pas la solution, mais partir ne serait qu’un prétexte pour tout recommencer et commettre une fois encore les mêmes erreurs en souhaitant renouer avec la tranquille insouciance.

Jamais il n’y aura - sombre et triste avenir !
Ni port, ni sol, ni terre pour mes souvenirs,
Et malgré ta promesse, et malgré mon sourire,
Jamais je ne saurai ce que bonheur veut dire.

 

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LE NAVIRE DE MES RÊVES

 

 

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DÉTRESSE

 

CATEGORIE NOUVELLES

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L’AUTOPORTRAIT

 
Malchance, te voilà !
Malheureusement je ne pensais pas te rencontrer de sitôt !
Mais excusez-moi, sans doute mes propos sont peu clairs, néanmoins je pense que vous les comprendrez mieux une fois mon histoire terminée, l’une des plus mystérieuses et étranges qu’il soit ! Le fait seulement d’y songer me fait encore parcourir des frissons dans tout mon corps.
Nous étions en été. Alors que l’ennui s’emparait peu à peu de moi à force de lire inlassablement des romans policiers – l’une de mes principales occupations de ces vacances –, mon attention se porta particulièrement sur une brochure de mon porte-revues. Curieux, je la pris et en feuilletai les premières pages, puis, subitement, mon regard s’arrêta sur un article intitulé :
« CET ÉTÉ, AU MUSÉE D’ORSAY, EXPOSITION SUR LES AUTOPORTRAITS »
Intéressé, je lus la suite qui me plut davantage. Cependant, je constatai que cette exposition s’achevait dans les jours à venir, et comme mes passe-temps me lassaient, je décidai ce jour-là de sortir et découvrir cette exposition. Rien de tel pour changer ses habitudes et profiter du bon temps, d’autant plus que la journée s’annonçait ensoleillée sur la capitale. Mais si j’avais su les conséquences qui suivirent, j’aurais préféré m’abstenir et rester dans mon appartement à bouquiner.
Après quelques promenades dans Paris qui me conduisirent au musée, où j’aperçus une interminable file d’attente, je pus enfin entrer, nageant difficilement à travers la foule qui déferlait de toutes parts. Les grandes vagues évitées, j’arrivai donc à destination, et commençai la visite.


Au fil de l’exposition, je ne pouvais m’empêcher de m’arrêter devant certains tableaux, tellement ceux-ci étaient extraordinaires, fascinants par le jeu des couleurs et du pinceau ! Mais de tous ceux qui me plurent, l’un d’eux m’intrigua particulièrement. Il s’agissait de l’autoportrait en huile sur toile d’un peintre renommé du XVIIème siècle : Georges Caneton. Comme ce nom éveillait ma curiosité, je lus la petite notice qui figurait sous l’œuvre d’art. J’appris qu’il avait découvert la peinture grâce à un certain Charles-Antoine Lecoq, avant d’être envoyé dans une école des beaux-arts où il ferait la connaissance de son meilleur ami, Nicolas Poussin, peintre du célèbre tableau L’enlèvement des Sabines. L’autoportrait présenté avait été peint en 1619. Georges Caneton pensait ainsi assurer un véritable succès, mais tout le contraire s’était produit. En effet, son œuvre avait très vite fait polémique, car une sensation d’effroi et de crainte se ressentait à travers le tableau. À l’inverse, l’autoportrait de son fidèle ami avait connu une excellente critique. Outré, et selon certains, trop capricieux de ne pas reconnaître la défaite, George Caneton s’en était pris aussitôt à son camarade, et de violentes disputes avaitn alors éclaté entre les deux peintres, notamment pour des raisons de jalousie. Mais, tout au long de ma lecture, le passage suivant m’avait frappé : « Mis à part être peintre, Georges Caneton s’intéressait aussi à la magie. Aux dires de certains, il s’en serait servi pour améliorer son autoportrait afin de se venger du manque de reconnaissance pour son tableau, mais aussi pour maudire la descendance de celui qui avait volé sa fiancée. Plus triste souvenir que Caneton garderait toujours au fond de son cœur. Voilà pourquoi aucun instant de joie n’était ressenti sur ses œuvres. Après cet incident, il connut une fin malheureuse et mourut sans héritier. »
Je restai un instant morose, puis m’attardai sur ce fameux « autoportrait ». Et rien qu’au premier coup d’œil, je ressentis un malaise. Le peintre, de ses yeux bleu sombre qui vous transpercent du regard, paraissait sérieux. Trop sérieux. Ses cheveux bruns et sa barbe noire coupés courts semblaient très droits et symétriques. En contraste, complètement opposée, sa chemise était blanche, éclatante. Le personnage semblait réel et se tenir devant moi, comme s’il avait ressuscité ! D’ailleurs, il tenait dans sa main droite un rasoir, et sa main paraissait tellement crispée sur l’objet qu’on pouvait penser que le peintre allait se jeter sur vous, prêt à vous poignarder avec ! Et de tout ce portrait glacial se distinguait un petit rictus, symbole d’une vengeance terrible dont pourrait être victime le prochain spectateur. En l’occurrence, moi. Angoissé, je promenai mon regard sur un autre tableau pour chasser cette pensée affreuse de mon esprit.


Vers le énième autoportrait que j’observais, je regardai l’heure. Huit heures moins le quart. Le musée allait bientôt fermer, il était temps que je parte.


De retour chez moi, après avoir tranquillement dîné dans un de mes restaurants fétiches, je me dirigeai vers le salon où je remarquai la télévision allumée. Curieux, il me semblait l’avoir éteinte avant de partir.
« Scandale à Paris, entendis-je, un tableau de l’exposition estivale temporaire sur les autoportraits du musée d’Orsay a été volé. Il s’agit plus précisément d’une œuvre de George Caneton, célèbre peintre du XVIIème siècle. Tout de suite le reportage de notre journaliste… ».
Puis l’écran s’éteignit. Déjà suffisamment choqué par l’information que je venais d’apprendre, je le fus encore plus en découvrant sur le canapé situé en face de la télévision une mince silhouette.
« Ah Nicolas, lança une voix, je t’attendais… »
Un long frisson parcourut alors tout mon corps. Cette voix paraissait mielleuse, étrange…comme s’il s’agissait de celle du diable en personne !
Soudain, la silhouette se leva, puis me fit face.
Et à cet instant je restai figé, hébété.
La personne que j’aperçus en face de moi était celle que je ne pensais jamais rencontrer : George Caneton lui-même !
Mon cœur battait la chamade. Mais comment se fait-il…Une phrase surgit alors dans mon esprit : « Mis à part être peintre, George Caneton s’intéressait aussi à la magie… »
« Bon sang, ne me dites pas qu’il a ressuscité par magie ! Pincez-moi je rêve ! » Ce que je fis aussitôt, et il en résulta d’une grande douleur au bras. Non, apparemment, je n’hallucinais pas : George Caneton en personne se tenait à quelques mètres devant moi, un objet étincelant dans la main droite.
Et cet objet, je le reconnus : il s’agissait du rasoir, pointé vers moi ! Comme un poignard !
De la sueur perla sur mon front. Je comprenais maintenant le destin funeste qui m’attendait.
Pendant ce temps mon adversaire immobile me fixait calmement de ses yeux diaboliques, son rictus démoniaque aux lèvres. Puis il prononça cette phrase qui de nouveau me glaça le sang :
« Ah Nicolas, nous voilà enfin face à face…
– Vous devez faire erreur, rétorquai-je d’une voix tremblante.
– Non, non, je ne pense pas : vous êtes bien Nicolas Pinson, où devrais-je dire le descendant de Nicolas Poussin !
– Comment ?! Mais pas du tout !! Tenez, j’en ai la preuve ! »
Je sortis de ma poche mon portefeuille où se trouvait ma carte d’identité et, à ma grande stupeur, je m’appelais bien Nicolas Pinson ! Non ! Non ! Ce n’est pas possible ! Je rêvais forcément ! Il faut que je sorte de ce cauchemar ! Il faut que je m’y évade absolument !
« Voyez, continua mon interlocuteur, je ne me trompe jamais : vous êtes bien Nicolas Pinson et, malheureusement pour vous, je dois vous tuer.
– Mais vous êtes fou ! Arrêtez ! Je ne vous ai rien fait !
– Oh que si Pinson, vous avez commis une grave erreur et allez devoir mourir pour en payer les conséquences : votre aïeul a causé la mort de mon maître en épousant sa femme. Sa vengeance sera terrible, et il m’a crée pour l’exécuter !
– N’importe quoi ! Vous n’êtes qu’un vulgaire personnage d’un tableau ! Vous n’existez pas ! Moi seul vous vois et vous imagine !
– C’est ce que nous allons voir, assassin. Meurt pour avoir tué mon maître ! »
Puis sur ces mots, il se rua droit vers moi, le rasoir en avant. J’esquivai aussitôt son attaque, lui arrachai vivement l’arme de la main pour la lui planter directement dans le bras droit. Le pseudo George Caneton poussa alors un cri atroce, assourdissant, avant de s’écrouler sur le sol, inconscient. Dorénavant, je me sentis soulagé. Cependant, à ma grande frayeur, j’ignorai le phénomène suivant : l’ennemi blessé que je pensais avoir vaincu recouvra ses forces assez rapidement. Et quand il se tint devant moi, son ignoble rictus rayonnant toujours sur son affreux visage, je constatai que la blessure que je lui avais infligée avait complètement disparu ! L’angoisse s’empara à nouveau de moi. Je sentis mes mains tremblantes devenir moites. Mais comment était-ce possible ? Par quels moyens cette blessure avait-t-elle pu se volatiliser en aussi peu de temps ? Ce n’était tout de même pas ce sortilège qui…
Comme je m’attendais à une nouvelle offensive de mon adversaire, je tournai rapidement les talons, puis une fois monté à l’étage essoufflé, je m’enfermai dans ma chambre à double tour, puis plaquai mon oreille contre la porte. J’entendis le souffle rauque de mon poursuivant. Le bruit s’éloigna ensuite petit à petit, puis, plus rien. Je poussai alors un grand soupir de soulagement. Dorénavant, je n’avais plus rien à craindre et pouvais me coucher en toute tranquillité. Il n’existait plus aucune issue possible : ma chambre était complètement barricadée. L’ennemi devait obligatoirement abandonner.
Ravi, je m’apprêtai à m’allonger dans mon lit quand un étrange bruit parvint à mes oreilles. Semblable à une respiration bruyante.
Je tournai délicatement la tête et poussai un cri. George Caneton ne m’avait toujours pas quitté ! Son rasoir effleurait délicatement mon cou. Et ses yeux diaboliques me fixaient, avec son sempiternel infâme rictus.
« Vous devez mourir, lança-t-il de sa voix inquiétante, ne l’oubliez pas ».
Et ses dernières paroles prononcées, la créature se jeta sur moi.


Je me réveillai en sursaut. Mon cœur battait à une vitesse infernale. Mon corps était en sueur. Quel cauchemar épouvantable ! George Caneton, ou plutôt son autoportrait, avait tenté de m’assassiner cette nuit dans ma chambre. Heureusement, tout cela n’était qu’un mauvais rêve. Je regardais mon réveil. Onze heures et demie ! Déjà !
À peine eus-je le temps de me lever qu’on sonna à la porte. Allons bon, de quoi s’agissait-il ?
J’enfilai alors ma robe de chambre et rejoignis l’entrée. J’ouvris. Un livreur, un paquet à la main, se tenait devant moi.
« M. Hadrien P… ?
– Oui c’est pourquoi ?
– Pour vous.
– Merci, mais de la part de qui ?
– Il me semble que le nom est inscrit sur le colis. Je vous laisse regarder tout cela en détail. Bonne journée. »
Puis il partit. Pendant un court instant, j’eus l’impression d’avoir remarqué un étrange sourire se dessiner sur ses lèvres…
Curieux, j’ouvris délicatement le paquet. Et à ma plus grande stupéfaction, je découvris l’autoportrait de mon rêve ! Non, pas possible ! Je l’examinai de plus près. Même traits, même nom. De plus, il me fixait avec ce rictus et ses yeux diaboliques qui me glacèrent le sang. Incroyable… ! Mais comment… ?
Le téléphone sonna brusquement. Intrigué, je décrochai :
« Allô M. Hadrien P… ?
– Oui, j’écoute ?
– Police monsieur, nous venons vous arrêter pour le vol d’une œuvre d’art du musée d’Orsay ! »
Abasourdi, je raccrochai.
J’aperçus alors des fourgons de police qui encerclaient ma maison.
Et ainsi les ennuis commencèrent…
 

**
EDWARD K.

 
Brooklyn, dans les années 60

Edward, marchait fièrement, manuscrit en main, vers une petite maison d’édition au coin de la rue. Tout à coup le jeune homme reçut un caillou dans l’oeil, sans doute un enfant qui avait mal visé. Titubant, il continua sa route jusqu’à tomber, suivi des rires et des moqueries des passants. Son beau costume, camouflant son extrême maigreur, était maintenant taché ; impossible pour le futur écrivain de se présenter ainsi devant la personne qui allait peut être faire décoller sa carrière. La honte monta en lui et il s’enfuit. Edward sentit soudain un souffle, là tout près de lui, tel un animal. Son cœur se mit à cogner très fort dans sa poitrine, son pas s’accéléra mais pas assez pour semer l’homme qui le suivait. En réalité son poursuivant n’était pas seul, il avait avec lui deux autres hommes, visages cachés par un chapeau.
Un des hommes lui arracha son manuscrit, un autre le plaqua contre le mur de la petite ruelle sombre, les deux mains plaquées sur sa poitrine, le troisième faisait les cents pas devant eux en disant qu’ Edward n’était qu’un faible qui méritait d’aller au trou, que la vie n’était pas faite pour lui, qu’il devait aller en enfer.
Après ces menaces, ils laissèrent place aux coups. Edward, allongé sur le sol humide, recevait des coups dans les côtes. Plus fort. Dans la tête, le dos, c’était toujours plus fort, encore plus fort. Ils frappèrent, frappèrent encore, jusqu’à ce qu’il gémisse la mort. Il l’avait tellement vue de près la mort, petit déjà il le savait, elle l’attendait. Cette fois-ci elle lui tendait la main c’est comme si elle commençait à s’imprégner de lui. La lumière faiblissait de plus en plus ; il ferma les yeux.
Les heures passèrent, il était maintenant seul dans la nuit de Brooklyn. Il se leva difficilement, regarda autour de lui. Il était désemparé. La première personne à qui il pensa fut Maria, sa nourrice depuis son plus jeune âge. Edward la considérait comme son amie, sa confidente, sa mère aussi, car ses parents n’étaient jamais là, trop occupés par leur carrière politique et leur vie sociale.
Quand il rentra à la maison, Maria remarqua immédiatement son nez en sang, ses vêtements déchirés et ses hématomes sur tout le visage . « Encore, mon pauvre chéri » dit elle en le prenant dans ses bras.
Le lendemain Edward se réveilla et alla dans la salle de bain. Il fit couler l’eau dans ses mains et s’éclaboussa le visage. Il releva la tête et vit se refléter dans le miroir l’image d’un jeune homme aux cheveux très foncés, au visage doux et d’une grande pâleur, quelques fois marqué de cernes très prononcées dues à ces nuits de cauchemars interminables. Il y en avait un qui revenait tout le temps, celui où il était brûlé vif avec ses livres. Les livres, il les aimaient tant qu’il s’était réfugié dans leur univers pour fuir ce monde, être en paix. Ses soucis lui paraissaient alors loin derrière.
C’est Maria qui l’avait poussé à écrire son livre. Pour elle il avait un réel talent et il se devait de le faire connaître à tous. Depuis l’agression de la veille, ce rêve semblait maintenant lointain, presque inaccessible.
Il décida alors de prendre sa machine à écrire et de remanier son roman. L’écriture a le don de laisser libre cours à l’imagination et d’être quelques instants dans un monde à soi, d’être quelqu’un d’autre, c’est pour ça qu’ Edward voulait devenir écrivain.
La journée passa. Il voulut faire lire le roman terminé à Maria, mais celle-ci répondit que ça risquait de porter malheur si une autre personne le lisait. Le jeune écrivain comprit et retourna dans sa chambre.
Allongé sur son lit, il s’imagina écrivain célèbre, il serait sous les flashs des photographes, aurait plus d’argent que son père et paierait une belle demeure à Maria. Tout à coup, des bruits arrêtèrent ses pensées, Edward se leva et s’avança devant la fenêtre. Ils jetaient des cailloux sur le carreau. C’était EUX.

Alertée par les bruits, Maria monta à toute vitesse dans la chambre du jeune homme et le vit qui pleurait, par terre, derrière son bureau. Maria savait que c’était encore EUX en bas. Depuis qu’ Edward avait commencé à être harcelé, c’étaient EUX qui faisaient de lui leur souffre douleur, un peu plus chaque jour. Elle ne pouvait rien dire, parce que le silence face aux parents du jeune homme était la seule solution pour ne pas provoquer un scandale aux Etats Unis et parce que ça serait trahir la confiance d’ Edward que de dévoiler ce lourd secret à la police. Non, une fois de plus, elle devait le garder pour elle.
Le temps passa et le calme revint.
En fin de soirée Edward mit son manuscrit dans une grande enveloppe en y glissant une lettre pour l’éditeur, lui demandant d’en imprimer un exemplaire. Il sortit et par chance ne rencontra personne sur son chemin. Serait-ce le signe du début d’une nouvelle vie ? Il n’attendait que ça.
Quelques jours plus tard il reçut la réponse de l’éditeur. Celui-ci se disait touché par l’écriture à la fois bouleversante et captivante du jeune homme et acceptait volontiers d’éditer son livre. Editer SON livre, ses mots tournaient en boucle dans la tête d’ Edward.
A l’annonce de cette nouvelle, Maria prit fièrement le jeune écrivain dans ses bras comme un fils, comme un homme. Ses grands yeux noisettes le regardaient avec tant d’admiration qu’une larme coula sur sa joue rosée.
La gloire ne viendrait pas de suite, il fallait attendre l’impression d’un certain nombre d’exemplaires, mais le jeune auteur ressentait déjà ce sentiment, il était là en lui depuis toujours, il n’attendait que ça pour sortir.
Ce sentiment de réussite le rendait plus fort comme s’il volait de ses propres ailes au dessus de tous, au dessus de tous ceux qui avaient été un obstacle à son rêve, au dessus d’EUX. Il se rappelait le surnom qui le suivait depuis l’enfance, le « Grand maigre ». Les enfants étaient tellement cruels avec lui qu’un jour ils l’avaient attaché autour d’un arbre et l’avaient forcé à avaler tout ce qu’ils avaient sous la main, de vieux gâteaux trouvés dans la poubelle du parc jusqu’à des vers de terre. Pendant une semaine il avait gardé des traces violettes sur les poignets tellement les cordes étaient serrées. Plus tard, au lycée « Grand maigre » était devenu « Jésus ». C’est pourquoi un jour à la sortie des cours, EUX l’avaient attendu pour lui faire vivre les pires souffrances. Attaché sur une planche verticale avec une grosse corde autour du bassin, un jeune du « gang » avait prit des clous, les avaient plantés dans les paumes des mains d’ Edward afin qu’il se tienne en croix comme Jésus. Insultes, coups, crachats avaient suivi. Edward avait tellement connu l’humiliation que maintenant rien ne l’étonnait plus.
Le lendemain, il prit la décision de sortir seul en ville en pleine après-midi. C’était une journée d’automne pluvieuse, Edward trouvait le temps long et ennuyeux. Il avait peur du temps, peur que la vie soit trop courte, peur qu’une journée se termine sans avoir fait tout ce qu’il avait à faire, sans dire je t’aime aux personnes importantes à ses yeux, sans avoir fini d’écrire une pensée.
Les boutiques étaient fermées, il n’y avait personne par ce temps là, le jeune homme était seul à marcher dans cette grande rue fantôme. Il se tenait droit comme son père, il avait de l’allure dans son grand manteau et ses chaussures fraîchement cirées. Mais cette attitude allait vite laisser place à l’angoisse. Des sifflements se firent entendre. A droite. A gauche puis derrière. Il n’y avait personne. Edward continua sa route, poings serrés dans ses poches. Un sifflement différent des autres attira son attention, il se tourna et vit, accrochées sur la façade de l’hôtel de ville, des photos de lui. Des photos quand il était en « croix de Jésus », quand il avait des vers de terre dans la bouche, et plein d’autres encore, toutes illustrant ses humiliations, ses harcèlements. Il n’avait pas honte pour ceux qui avaient fait ça, mais honte de lui. Honte d’être lui, d’avoir été assez faible pour se laisser faire durant toutes ces années, honte de voir que les gens des appartements voisins regardaient les photographies de leur fenêtre, honte tout simplement.

En voyant ces images il repensa aux douleurs qu’il avait ressenties dans les paumes de ses mains, à ses genoux, à ses côtes, à son dos, à sa tête, à ses bras, à son cou, à son cœur. A toutes ses tentatives de suicides pour en finir avec ce monde de fous, aux soirs où Maria pleurait seule dans la cuisine après les confidences du jeune garçon. A toute cette vie gâchée à cause d’EUX.
Tout allait vite dans sa tête à ce moment là, il ne contrôlait plus rien. Il s’avança vers une épicerie de la place, cassa d’un coup de poing la vitrine, d’un autre coup balança tout à terre. Les pots en verre se brisèrent, la nourriture était éparpillée partout. Il pleura, hurla de toute ses forces. Les voisins pris de panique descendirent. L’un d’eux était le Maire de la ville, il connaissait bien Edward. Mais face à lui se dressait un inconnu, une bête sauvage, prête à frapper. Voulant le calmer, l’homme lui tendit la main, mais pris de fureur, le jeune homme en le fixant du regard, lui mit un coup de tête entre les yeux. L’homme à terre, Edward s’enfuit en courant dans la grande rue, il était essoufflé mais il devait continuer. Il ne savait pas pourquoi il avait agi ainsi, peut être avait-il voulu se venger de toute cette douleur accumulée, se venger sur le pauvre homme qui lui tendait la main parce que...il était trop lâche pour le faire sur les vrais agresseurs. Il courut, la peur et la rage au ventre.
Au loin se trouvait un silhouette, masculine sans doute. Il l’aperçut et s’en approcha. C’était LUI. Lui, qui depuis tant d’années lui avait fait endurer les pires horreurs, LUI, le chef du « gang ». Pris dans sa course, il s’élança et lui sauta dessus. Il le frappa, cracha sur lui, arracha ses vêtements mais il ne pouvait pas faire ça, non il était comme paralysé pour passer à l’acte : le tuer.
Il se releva et regarda le garçon à terre au regard effaré, et partit.
Son avenir ne se trouvait pas ici mais au bout de sa course, alors il courut, courut, courut jusqu’à la nuit tombée. Les nuages étaient devenus gris, un vent sec se leva, des corbeaux volaient au dessus d’ Edward, il était seul, encore. Il n’en pouvait plus de cette vie, tout était noir autour de lui, il avait l’impression de faire du mal à tous ceux qu’il aimait … En finir avec ce monde, telle était la solution. Cette décision ferait du mal à Maria sur le coup mais après elle n’y penserait plus, comme le font les autres quand ils perdent une personne. Edward avait toujours été sûr que les gens oubliaient après la mort, que c’était elle notre véritable amie et que le deuil ne durait que quelques jours. Il n’avait perdu personne, il ne pouvait pas comprendre. Une partie de lui disait de partir, là, maintenant, mais une autre résistait, disait qu’il y avait son livre, Maria...
Pendant sa course éperdue, il avait trouvé comment il choisirait de finir sa vie.
Rentré chez lui, il alla directement dans sa chambre où il s’enferma.
« C’est toi Edward ? Ton livre est arrivé ! » s’exclama Maria. Pas de réponse. Impatiente, Maria commença à lire le livre du jeune écrivain.
Le lendemain matin, Edward n’était toujours pas venu voir son livre. Peut être n’avait il pas entendu ? Ou bien sa décision était ...
Son père rentra à la maison après un long voyage, monta les escaliers et aperçut du sang qui coulait sous la porte de la salle de bain. Inquiet, il tourna la poignée sans savoir ce qui s’était passé derrière. Aussitôt il vit une lame de rasoir recouverte de sang, et à coté un corps, baigné de sang, le corps de Maria. Elle n’avait pas supporté la souffrance trop pesante d’Edward, cette souffrance qu’elle portait en elle aussi depuis tant d’années. Sur elle était posé le livre d’Edward intitulé « Moi Edward Kennedy, schizophrène et écrivain ».
 

**
UNE NOUVELLE VIE

 
Coincé entre les murs de son minuscule appartement, Charles étouffait. Cette ville l’oppressait. Mais comment pouvait-il respirer dans cet espace urbain ? Même en ouvrant les fenêtres, l’air saturé en pollution l’assaillait. Il rêvait d’une vie à la campagne, au grand air, au calme, sans les bruits assourdissants des voitures qui démarrent en trombe au feu vert. Une vie tout simplement tranquille et paisible. Dans ses moments de solitude, il sortait de chez lui, traversait la rue et s’asseyait sur un banc du square. Puis, il s’imaginait une belle maison spacieuse avec une terrasse et un grand jardin fleuri dans un décor idyllique. Cependant, le hurlement d’une sirène de pompier le ramenait brusquement à la réalité. Il ouvrait alors les yeux et son regard se portait au loin. Là, devant lui, un immeuble de béton fendait le ciel de toute sa hauteur. Le sien. Pour Charles, il lui jetait un air de défi tel un colosse sur le ring. C’était un ennemi à combattre comme tous les éléments urbains. Il ne se sentait pas à sa place ici. Il voulait fuir sans passer pour un lâche.
Pourtant, d’habitude il restait morose et désespéré, assis sur ce banc. Il se recroquevillait dans ses pensées comme pour se préserver du monde extérieur, ce monde hostile. Il ne pouvait s’empêcher de ressasser la même question. Pourquoi avait-il choisi de s’installer en ville ? Il se rendait maintenant compte qu’il avait perdu une dizaine d’années à mener une vie grise dans un appartement étouffant. Il n’aurait pas dû faire ce choix. Malheureusement, il avait toujours été indécis. Ainsi, comme les villes prenaient de l’ampleur et attiraient de plus en plus de monde, il avait décidé de suivre le mouvement, sans réfléchir. Une regrettable erreur. Mais désormais, il ne voulait plus s’enfouir en lui-même et se laisser submerger par de sombres émotions. Charles se redressa alors et regarda le paysage urbain. Tous les bâtiments autour de lui semblaient le narguer par leur hauteur. C’était un combat inégal mais il était bien déterminé à triompher. Il ne devait pas se laisser abattre. Il décida alors de se rendre demain dans une agence immobilière, afin de se renseigner pour une maison à la campagne.
Des nuages menaçants assombrissaient le ciel. Courbé sous son parapluie par une pluie battante, Charles se demandait si le monstre urbain n’avait pas déclenché volontairement cette tempête. Sans doute souhaitait-il l’empêcher d’atteindre l’agence immobilière ? Ou alors désirait-il le punir pour son air de provocation de la veille ? Peu importe ses raisons, il devait lutter. Là-bas, à l’extrémité de la rue se trouvait son destin. Les rafales de vent ne devaient donc en aucun cas entraver son chemin vers le bonheur. Quand il vit l’enseigne rouge lumineuse « L&N Immobilier », il était épuisé. Jamais il n’aurait pensé que parcourir 300 mètres pouvait être aussi éprouvant. De nombreuses annonces étaient exposées en vitrine. Mais il n’y jeta pas un coup d’œil, ne se sentant pas en sécurité à l’extérieur. Il se précipita donc à l’intérieur et fut saisit par le contraste. Après avoir subi la violence des éléments déchaînés, la chaleur et la quiétude du hall d’accueil lui semblaient si douces et agréables. Le sourire aux lèvres, il respira enfin, comme s’il avait semé son agresseur.
Assis dans un fauteuil grenat, il attendait que l’agent immobilier ait fini sa conversation téléphonique. L’agence était encore vide en ce matin de bonne heure et il était le seul à patienter. Il remarqua une revue sur la petite table basse. Au moment où il allait la consulter...
« Vous avez besoin d’un renseignement, monsieur ? » Il sursauta ; l’agent immobilier venait de s’adresser à lui. Il ne l’avait pas entendu raccrocher. Il se leva alors, s’approcha de lui et lui expliqua ce qu’il recherchait. Il aperçut alors son étiquette sur sa veste. En lettres majuscules était inscrit « Laurent Major ».
« Vous dîtes une maison à la campagne dans un cadre paisible et tranquille ? Alors, j’ai exactement ce qu’il vous faut. » affirma M. Major.
Il ouvrit un tiroir, survola une énorme pile de papiers et finit par trouver l’annonce qu’il cherchait. Il la présenta alors à son client qui l’examina avec un certain empressement... « Cette annonce me convient parfaitement et satisfait toutes mes attentes. Je vous remercie vivement. Je me sens donc prêt à acheter cette maison. Mais avant, serait-ce possible de la visiter ? » annonça Charles d’une voix où transparaissait l’excitation. « Évidemment Monsieur !, s’exclama l’agent immobilier. Puis-je vous proposer de la visiter vendredi à 15h ? Le propriétaire est libre à cet horaire. Tenez voici son adresse. »
La porte claqua derrière lui. Aveuglé par la lumière du soleil, Charles avait le cœur gai. Une intense et profonde émotion de bonheur le submergeait. La tempête s’était enfin calmée et il se sentait désormais libéré d’une menace. Il avait trouvé la maison de ses rêves. Il s’imaginait déjà allongé dans l’herbe, scrutant le beau ciel limpide. Les rayons du soleil lui chatouilleraient alors le nez. Les petits insectes, vibrant près de son oreille, mettraient ses sens en éveil. Le simple fait d’y penser l’enthousiasmait. Cela devenait progressivement une réalité. Mais avant d’acheter cette splendide maison, il voulait appeler sa mère pour lui faire part de son initiative... Approuverait-elle sa démarche ?
Frémissant encore d’excitation, il reposa le combiné. Tout était pour le mieux ! Il jeta son regard au loin à travers la petite fenêtre de son appartement. Ces immeubles noircis par la pollution ne feront bientôt plus partie de son paysage quotidien. Ils ne seront plus que de lointains souvenirs enfouis dans les brumes de son esprit. En effet, sa mère avait donné une opinion favorable à son entreprise. Il en était d’ailleurs ravi. Et puis elle lui avait parlé de Jean, son frère. Presque un inconnu pour Charles. Dévoré par la jalousie, il n’avait pas cherché à le contacter depuis qu’il avait quitté le cocon familial. Ils avaient mené leur vie chacun de leur côté. Charles n’avait jamais voulu renouer le lien avec lui. A la seule pensée de son frère, une haine féroce l’envahissait. La nouvelle que lui avait apprise sa mère l’avait foudroyé sur place. Ainsi, Jean voulait vendre sa maison à la campagne pour un appartement ! « Vous pouvez donc peut-être vous arranger entre vous ?, » lui avait alors suggéré sa mère. Mais il ne supportait pas l’idée même de se trouver en relation avec son frère. Par conséquent, il n’avait pu s’empêcher de refuser. La maison de son frère ne l’intéressait pas ; il avait déjà trouvé la maison idéale. Demain, il allait pouvoir la visiter....
La rue Des Délices était paisible quand soudain le bruit d’une voiture retentit. Elle poursuivit son chemin jusqu’à une belle et spacieuse maison et s’arrêta. Le calme habituel régna de nouveau. Au moment où Charles en sortit, 15h sonnait à l’église dans le petit village de Marmython. Il était juste à l’heure pour la visite. Il en trépignait d’impatience. Il admira ce qui allait devenir son cadre de vie. La maison semblait lui faire un clin d’œil comme pour l’inviter à entrer. La façade était d’une beauté si remarquable que Charles avait envie de la déguster telle une friandise. Attiré tel un aimant, il frappa à la porte d’entrée. Elle s’ouvrit alors. Là, devant lui se tenait... Non, ce n’était pas possible, comment se pouvait-il que ce soit lui ? Il resta sans voix, pétrifié. Devant lui se tenait son frère ! Il ne pouvait en croire ses yeux ; une maison aussi splendide appartenait à un être aussi méprisable ! Il réussit juste à bégayer qu’il s’était trompé d’adresse et repartit chez lui.
Il s’écroula sur le canapé de son appartement. Quelque chose le tourmentait. Il ne comprenait pas pourquoi son frère voulait vendre sa maison. Jean vivait dans un cadre de vie tranquille, à l’écart de l’agitation et du brouhaha que connaissent les grandes villes ; ce lieu respirait la quiétude. De plus, sa maison semblait sortir d’un rêve d’enfant. Qu’est-ce qui pouvait le pousser à vouloir déménager ? Vivre à cet endroit donnait tellement envie... Mais n’était-ce qu’un leurre ? Si son frère voulait vivre en ville, il avait sans doute ses raisons. Et si Charles n’avait jamais su profiter de la vie qu’il menait ? Son regard se porta alors sur les dessins qu’il avait accrochés aux murs, sur les photos de ses proches sur la table du salon, sur la petite tache de café sur le tapis... À la vue de tous ses éléments, des souvenirs surgirent à son esprit. Son appartement faisait partie de lui et même s’il était petit, il était confortable et ne lui apparaissait plus aussi morne qu’auparavant. Il ouvrit la fenêtre. Les bruits de l’extérieur emplirent son appartement tels une douce musique. La ville était plus attrayante qu’il ne lui paraissait avant. Envahi par des idées noires, il n’avait pas prêté attention à sa beauté. Mener une vie ici était sans doute la meilleure chose qu’il pouvait espérer. Il voyait désormais la ville différemment. Il avait plein d’endroits à explorer et de découvertes à faire. Une nouvelle vie pouvait commencer...